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Pascal, garde-pêche, surveille et contrôle

Les contrôles sont l’essentiel du métier de Pascal Peyrot, garde-pêche depuis six ans. Mais bien d’autres missions lui sont confiées, toutes liées à la vie aquatique le long des 1 500 km de cours d’eau du département.

Dans la très grande majorité des cas, les contrôles se passent bien, comme ici sur les bords de la Sèvre niortaise, à Saint-Liguaire.
Dans la très grande majorité des cas, les contrôles se passent bien, comme ici sur les bords de la Sèvre niortaise, à Saint-Liguaire.
© G. R.

Dans son bureau du 1er étage au siège de la Fédération départementale des pêcheurs, à Niort, Pascal Peyrot entrepose une quinzaine de canes. « Elles ont été saisies. Ce n’est jamais avec plaisir qu’on en arrive là, et les gens le savent, mais c’est un moyen pour éviter la récidive », explique le garde-pêche.Pascal Peyrot, lui-même pêcheur, comme se doivent de l’être tous ceux qui font ce métier, est garde-pêche particulier sur tout le territoire des Deux-Sèvres avec ses 411 kilomètres de rivières de 1re catégorie, peuplées de salmonidés, - truites et saumons -, et 1 130 kilomètres de 2e catégorie. Il est chargé de surveiller et de contrôler « tout ce qui a trait à la pêche ». Car « il y a des bracos dans l’âme », assure-t-il. Mais il tient aussi à relativiser son rôle de gendarme. « Il n’y a pas de contrôles qui se passent mal, mais quelquefois, la situation est plus difficile. D’ailleurs la majorité des pêcheurs les demandent. » Parfois ce sont de simples « petites infractions » au code rural, au code de l’environnement, ou à l’arrêté préfectoral, comme la pêche à l’asticot dans les rivières de 1re catégorie, ou le non-respect de la proximité du pêcheur avec une de ses cannes, qui se terminent par un rappel à l’ordre (*). « La réglementation est compliquée », concède-t-il, mais un garde assermenté se doit de faire appliquer la loi. Il est agréé et a prêté serment pour cela, comme les gardes bénévoles des 48 associations de pêche du département, et leurs 20 000 pêcheurs, qui ont les mêmes pouvoirs que lui. Le défaut de permis représente 30% des infractions relevées. « Trop de gens n’achètent pas la carte (**) quand ils vont à la pêche pour une journée.  L’amende peut pourtant aller jusqu’à 450€. » Mais dans tous les cas, le procès-verbal est transmis au procureur de la République qui décide de poursuivre ou de classer l’affaire.


Un métier aux horaires aléatoires
70% de l’activité de Pascal Peyrot est consacrée aux contrôles. Et il tient à faire savoir qu’il n’a pas d’heure pour travailler : le jour, la nuit, jours fériés ou non. « Je peux commencer à cinq heures comme à treize. » Il part souvent en mission accompagné d’un collègue agent de développement de la fédération. « Si on a décidé d’y passer la journée, on définit un parcours de rivière, et on suit la rive, d’un côté ou des deux à la fois, à pied ou en voiture quand le  terrain le permet, parfois aussi en bateau. « Il faut aimer la marche », glisse-t-il.Pascal Peyrot et ses collègues ont d’autres missions, comme la pêche électrique qui permet de recenser les populations piscicoles dans les rivières. « Tous les deux ou trois ans on peut ainsi suivre l’évolution des peuplements. Le point noir : c’est le manque d’eau et les pollutions industrielles ou agricoles », pointe l’ancien éleveur. Dans les cas extrêmes, il met en place une pêche de sauvetage. Un peu comme celle qui sera organisée en octobre prochain dans le barrage de Hautibus, à Argenton-lès-Vallées. Trente personnes seront à pied d’œuvre pour attraper les poissons avant des travaux et les verser en aval du barrage.Les constats de pollution importante avec nécessité d’enlever les cadavres, font partie de ses missions. De même que le relevé des assecs. Dans ce cas, ses rapports sont utilisés pas les services de l’Etat pour la gestion de l’irrigation. La fédération des pêcheurs est également mise à contribution pour le suivi de projets tels que la restauration de la continuité écologique des cours d’eau, dans le cadre d’une directive européenne dont la date buttoir est fixée à 2015. « Le but est de permettre aux poissons, et aux sédiments qui s’accumulent parfois au fond des barrages, de circuler librement », explique-t-il. Mais Pascal Peyrot s’en tient à la position officielle de la fédération qui demande « qu’on analyse chaque cas en particulier ». Tout au plus, concède-t-il, quand les ouvrages existent depuis des centaines d’années, des aménagements sont « envisageables », comme des passes à poisson. Il note aussi qu’agriculteurs et pêcheurs se retrouvent sur la nécessité de maintenir des réserves pour l’irrigation et la pêche.D’autres missions portent moins à polémique, comme l’alevinage ou le plan Loire grandeur nature. C’est avec un large sourire qu’il raconte comment il est amené à recenser les traces de loutres et de castor en collaboration avec l’Office national de la chasse et de la faune sauvage et 35 associations qui participent aux recherches. « Dernièrement, on a relevé la présence de castors sur la commune de Gourgé », raconte-t-il. Mais eux n’ont que faire des poissons !    

(*) Dans le département, il a été décidé qu’il fallait la garder « à portée de vue ».
(**) 12 euros à la journée ; 74 euros à l’année pour un adulte et 20 euros pour un mineur. Voir autres tarifs sur www.peche-en-deux-sevres.com.

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