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Production de semences : une niche locale pour un marché mondial

La filière française semences et plants consacre 13% de son chiffre d’affaires à la recherche. Secteur de pointe, elle attire. Voici le contexte dans lequel évoluent les centaines d’agriculteurs-multiplicateurs de l’ex-région Poitou-Charentes et des Deux-Sèvres.

Une table densimétrique dans une usine de semences de céréales à paille Secobra, membre de l’interprofession.
Une table densimétrique dans une usine de semences de céréales à paille Secobra, membre de l’interprofession.
© Gnis / Olivier Pinay

La France est le premier exportateur mondial de semences et le premier producteur européen. Avec un chiffre d’affaires de 3,3 milliards d’euros et une balance commerciale excédentaire de 960 millions d’euros, ce secteur de pointe compte 70 entreprises de sélection, 246 usines de production, plus de 19 000 agriculteurs-multiplicateurs, plus de 7 500 distributeurs et près de 450 000 agriculteurs utilisateurs, au niveau national.


L’Ouest (la Normandie, la Bretagne, les Pays-de-la-Loire et l’ex-région Poitou-Charentes) concentre 20 % de la recherche, de la production et de la vente de semences.
En ex-région Poitou-Charentes, opèrent 5 % des agriculteurs-multiplicateurs, soit 1 021 producteurs, sur des surfaces équivalant à 18 395 hectares (près de 5 % des surfaces dédiées en France) ; dans les Deux-Sèvres, ils sont 284 et multiplient sur 5 507 hectares. Lors de la campagne 2016/2017, au stade de la multiplication, la valeur de la production a atteint 23,729 millions d’euros, en ex-région Poitou-Charentes (3 % de la valeur de la production nationale), un peu plus de 8 millions d’euros en Deux-Sèvres (à titre de comparaison, le chiffre d’affaires de la ferme Deux-Sèvres est de plus d’un milliard d’euro, dont 60 % provient de l’élevage ; les produits végétaux en Deux-Sèvres amènent 377,6 millions d’euros).

Toute la palette des espèces en ex-Poitou-Charentes
L’ex-région Poitou-Charentes et les Deux-Sèvres se sont un peu plus spécialisés dans la multiplication de semences de plantes fourragères et de gazon (10 % de la production nationale ; plus de 5 600 hectares dédiés en ex-Poitou-Charentes, et 1283, en Deux-Sèvres). Mais on y retrouve toute la palette des espèces (les céréales, les plantes fourragères et le gazon, les oléagineux, les potagères, le maïs, les protéagineux, les betteraves et chicorée, les plants de pomme de terre, classées ici dans l’ordre décroissant des surfaces qui leur sont destinées en ex-région Poitou-Charentes), notamment des espèces à forte valeur ajoutée (potagères).


Si la plus grande surface dédiée à la multiplication de semences l’est pour celles de céréales en ex-région Poitou-Charentes et en Deux-Sèvres (respectivement 8 020 hectares et 2 606 hectares), la production de semences de céréales ne représente sur les quatre départements que 5 % de la production nationale (en proportion, donc, moins que celle de fourragères et de gazon) ; les grands producteurs de semences de céréales étant logiquement dans les bassins céréaliers.
Les agriculteurs-multiplicateurs des Deux-Sèvres consacrent à peu près autant de surface à la production de semences de betterave et de chicorée qu’à celle de protéagineux ou d’oléagineux, de plantes potagères ou de de maïs (entre 270 et 370 hectares environ à chacune). La production de plants de pomme de terre est très marginale (7 hectares).
Il y a sept usines de production de semences en ex-Poitou-Charentes dont deux en Deux-Sèvres : Océalia, à Niort Saint-Florent, et Deleplanque, à Villefollet.

L’Europe de l’Est friande des semences françaises
Les exportations de semences et de plants sont tirées essentiellement par la demande en semences potagères et de maïs, et par la demande des pays de l’Est, friands de la qualité génétique française. Mais, si le premier client de la filière est l’Europe, le continent sud-américain, l’Afrique et l’Asie ne sont pas en reste. « La valeur ajoutée sur une semence potagère est si élevée, explique Vincent Poupard, délégué régional Ouest du Groupement national interprofessionnel des semences et plants (Gnis), que le coût du transport représente bien peu et qu’elle s’exporte sur toute la planète ». Les entreprises semencières font produire des semences  conventionnelles et bio (aucun OGM) ; 143 espèces ont été engendrées en France, en 2017.

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