Agri79 Informations 22 février 2019 à 08h00 | Par Anne Frintz

Afdi 79 accompagne les agriculteurs togolais

Ce début d’année est l’occasion pour Afdi 79, la branche deux-sévrienne de l’association de solidarité Agriculteurs français et développement international, fondée par les OPA, de faire le bilan de ses missions d’accompagnement des OPA togolaises en 2018.

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Moment de détente, en marge du voyage d’études organisé par Afdi 79, au Togo, à l’automne 2018, avec des partenaires togolais de l’association et neuf Deux-Sévriens, devant la cascade de Kpimé, dans le sud-ouest togolais.
Moment de détente, en marge du voyage d’études organisé par Afdi 79, au Togo, à l’automne 2018, avec des partenaires togolais de l’association et neuf Deux-Sévriens, devant la cascade de Kpimé, dans le sud-ouest togolais. - © AFDI 79

Trois missions, dans le cadre du partenariat entre Afdi 79 et l’Union des agriculteurs de la région des plateaux du Togo (UARP), ont jalonné l’année passée. Début juillet 2018, la mission Nord/Sud a été l’occasion pour Michel Guionnet, Pierrette Viennois et Agathe Henry, respectivement président d’Afdi 79, responsable partenariats d’Afdi 79 et animatrice Afdi NouvelleAquitaine, d’accompagner la réflexion stratégique de l’UARP. L’Union, qui regroupe 80 coopératives de la zone montagneuse togolaise et près de 2 500 membres, a ainsi choisi en décembre 2018 d’orienter ses actions en faveur de l’installation des jeunes et du conseil économique et de gestion à l’exploitation familiale, le type d’agriculture que défend l’UARP. Au Togo, la superficie moyenne des exploitations est de 2 ha. La rencontre entre Afdi 79 et l’UARP, à l’été 2018, a aussi été l’occasion de discuter des changements organisationnels à grande échelle auxquels devront faire face prochainement les agriculteurs togolais et leurs OPA. « Le contexte togolais évolue, explique Michel Guionnet. L’État togolais reconnaît aujourd’hui les OPA, ne les considère plus comme un contrepouvoir. C’est une sacrée avancée. Il veut mettre en place une réelle politique agricole. La volonté de l’État togolais est que l’agriculture s’organise en grandes filières. L’UARP, entre autres, n’est pas organisée de manière verticale : elle regroupe des producteurs de tous types de cultures, elle est généraliste, transversale. Elle va devoir trouver comment s’intégrer dans ces filières, comment travailler avec les autres. Les OPA togolaises demandent à leur exécutif de s’appuyer sur elles, sur les organisations déjà existantes ». Si l’intention de l’État est louable, les OPA togolaises ont peur de ne pas être impliquées.

Soutenir l’agriculture familiale

Un autre projet inquiète les OPA togolaises. L’État togolais crée des agropoles (*) sur une dizaine de sites. Avec quels financements ? Quelle gestion ? Quel respect de l’agriculture familiale togolaise ? Afdi 79 appuie les agriculteurs pour qu’ils soient consultés, qu’ils soient présents dans ces gros sites de production. L’équipe d’Afdi 79 a notamment eu l’occasion de rencontrer la coordination togolaise des organisations paysannes (CTOP), qui est suivie par Afdi, au niveau national, pour évoquer ces questions. C’est que, constate Michel Guionnet, « beaucoup de pays, notamment asiatiques, s’intéressent à l’Afrique, à ses terres agricoles ». Dans la région des plateaux, au Togo, près de 5 000 ha de cannes à sucre sont déjà exploités par des Chinois. La production est destinée à l’export. « La question est : quel type d’agriculture veut-on soutenir ? Les OPA togolaises veulent une agriculture familiale. Sur l’exploitation chinoise, les agriculteurs sont salariés, ils ne sont pas maîtres de leur exploitation », résume le président d’Afdi 79 qui rappelle que l’association française aide les OPA togolaises à se réaliser, les conseille et ne décide pas pour elles. L’objectif d’Afdi est d’ailleurs, qu’à terme, les OPA soient autonomes, aussi sur le plan financier (grâce aux cotisations des adhérents), et ce dans tous les pays en développement partenaires.

Des liens forts entre les Deux-Sèvres et le Togo

Fin octobre et début novembre 2018, un voyage d’études a amené neuf ruraux des Deux-Sèvres (dont plus de la moitié sont ou étaient agriculteurs) au Togo, pour la deuxième année consécutive, à la découverte du pays, de son agriculture et de sa gastronomie. Ils ont, entre autres, rencontré les gérants de Chocotogo, une structure locale de transformation artisanale du cacao : une rareté, tant les conditions d’installation d’usines, dans les filières de productions historiquement d’exportation, sont difficiles pour les Togolais. Les voyageurs français ont aussi multiplié les visites de terrain sur les exploitations et rencontré les membres de l’UARP. Quelques semaines après ce voyage, c’est une mission Sud/Nord qui s’est rendue en Deux-Sèvres… mais sur les trois Togolais attendus, seul Paul Mihinto, coordinateur de l’UARP, a fait le déplacement. Les deux agriculteurs togolais, élus de l’UARP, qui auraient dû venir avec lui, une femme et un homme, n’ont pas reçu leur visa, à la grande déception de tous. Paul Mihinto a rencontré les élus de la chambre d’agriculture et des administrateurs de coopératives, en session, avec qui il a échangé sur l’agriculture togolaise, et, aussi les représentants des six villes deux-sévriennes jumelées avec des communes togolaises qui ont signé une convention avec Afdi et adhèrent à l’association. Les liens entre les Deux-Sèvres et le Togo sont anciens puisque le premier jumelage entre Niort et Atakpamé (la cinquième ville du Togo par sa population) a déjà 46 ans ; aussi, quinze communes des Deux-Sèvres sont jumelées avec quinze villes togolaises. Afdi 79 s’engage dans le volet agricole de certains jumelages.

(*) Pôles de croissance agricole sur lesquels les pouvoirs publics souhaitent favoriser la concentration des investissements, publics comme privés.

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