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Interview de Jean-Bernard Bayard, vice-président de la Fnsea
Revaloriser les retraites agricoles

Jean-Bernard Bayard, vice-président de la Fnsea.
Jean-Bernard Bayard, vice-président de la Fnsea.
© Reussir

La Fnsea vient de lancer une pétition nationale pour demander une augmentation du montant des retraites du monde agricole. Quelle est aujourd’hui la situation des retraités agricoles ?
A l’approche des élections présidentielles, cette pétition lancée par la Fnsea et sa section  des anciens exploitants entend rappeler aux différents candidats la situation de nos retraités coincés entre un pouvoir d’achat qui diminue et des charges que ne cessent de croître (transport, mutuelles). La faiblesse des retraites agricoles n’est pourtant pas une problématique nouvelle. Depuis 1997, nous avons obtenu des Gouvernements en place, de droite comme de  gauche, divers plans de revalorisation des plus faibles retraites. Ce sont chaque année plusieurs dizaines de millions d’euros qui sont budgétés. Pour autant, le niveau des pensions reste extrêmement faible. Et il est inadmissible qu’une grande partie des retraités agricoles vivent en dessous du seuil de pauvreté (954 € par mois). N’oublions pas que la moyenne des pensions des retraités agricoles qui ont travaillé une carrière complète est de 680 € par mois !



Quelles sont selon vous les solutions pour améliorer les retraites agricoles ?
Nous demandons une première mesure d’urgence : que les retraités actuels puissent bénéficier immédiatement des mêmes conditions d’accès aux minima que les assurés du régime général. C’est une mesure d’équité avec le régime général. Comment justifier que pour accéder à un niveau de pension minimal, le retraité agricole qui a travaillé une carrière complète doive avoir validé au moins 17,5 ans dans le régime agricole, alors même que le retraité du régime général n’a pas à remplir cette condition ? Supprimer cette condition, c’est permettre à de très nombreuses femmes qui ont des carrières courtes de bénéficier de vraies revalorisations de pensions. Les plafonds d’accès doivent par ailleurs être alignés. Aujourd’hui, le plafond de retraite mensuelle du régime général est 180 euros plus élevé que le nôtre. Dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale nous proposons une mesure dans ce sens. C’est un premier pas vers des retraites à 75 puis 85 % du Smic. Nous comptons sur les parlementaires pour répondre aux attentes des agriculteurs. Ensuite, nous attendons une réforme en profondeur du régime de retraite des agriculteurs afin que les pensions soient enfin calculées comme au régime général. Pour quelle raison la retraite d’un agriculteur n’est-elle pas calculée sur les 25 meilleures années ? Il n’y en a pas ! Et vous remarquerez que je reste raisonnable car je ne demande pas un alignement sur le régime de la fonction publique ou sur celui de certains régimes spéciaux pour lesquels la retraite est calculée sur les six  derniers mois !



Que changerait un calcul des retraites sur les 25 meilleures années ?
La retraite d’un salarié, d’un artisan, d’un commerçant est calculée sur ses 25 meilleures années. Celle d’un agriculteur sur la totalité de sa carrière. Cela signifie que comptent aussi les années de crise. La retraite d’un agriculteur se retrouve automatiquement minorée. Je ne peux admettre cette différence ! Dans le cadre de la réforme des retraites, nous avons proposé de revenir sur cette situation. Le Gouvernement nous a renvoyés sur un rapport gouvernemental. Je veux être très clair, notre détermination est intacte pour aboutir à cette mesure d’équité. Il s’agira d’un message fort que nous porterons dans le débat de la campagne électorale qui s’ouvre. Les agriculteurs doivent être traités comme les autres assurés sociaux.

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