Aller au contenu principal
Font Size

Sevrer plus tard les agneaux coûte plus cher

L’étude Ecolagno, menée par huit organismes techniques, montre que l’économie de concentrés réalisée par cette conduite sur les agneaux ne compense pas la charge alimentaire des brebis. Le surcoût est estimé entre 2 et 5 euros par agneau.

© région Nouvelle-Aquitaine

C’est une étude plutôt dense qui est en phase de finalisation : comment produire des animaux agroécologiques, au pâturage comme en bergerie, tout en assurant une qualité nutritionnelle et gustative aux consommateurs ? Depuis le 1er janvier 2016, huit partenaires travaillent sur le sujet (*) alors que l’étude, qui s’achève officiellement le 30 juin prochain, est en phase de synthèse.

Une partie de l’étude a ainsi été conduite sur l’apport de foin de légumineuses pour limiter l’apport de compléments azotés. Tout d’abord, pour les brebis en lactation, l’utilisation de fourrages de légumineuses par rapport à un fourrage de graminées se révèle assez équivalente sur le plan économique. « Il est à préciser que seuls les fourrages très riches en feuilles évitent l’apport de protéines dans la ration », stipule Laurence Sagot, de l’institut de l’élevage/Ciirpo, qui a participé à cette étude sur la ferme du Mourier (87). Et la qualité influe sur l’âge à la commercialisation. « L’écart peut atteindre un mois avec des qualités de fourrages moyennes ou médiocres », indiquent les partenaires.

Surcoût de la ration en sevrage tardif

En parallèle, trois essais conduits au Ciirpo et à l’EPLEFPA de Carmejane (04) font ressortir l’intérêt d’un servage classique vers 70-80 jours. Le surcoût de la ration par agneau sevré tardivement (à 100 jours) est de 5,30 € pour le premier essai, 3,60 € pour le deuxième et 2,10 € pour le troisième. L’économie réalisée sur les concentrés (11 kg par agneau à la ferme expérimentale de Carmejane) ne compense pas le surcoût alimentaire du mois en plus de lactation. « Le bilan alimentaire des brebis fait apparaître un solde de 8 kg de céréales et de 40 kg de foin », rend compte Pierre-Guillaume Grisot, chef de projet conduites élevages ovins à l’Institut de l’élevage. Des dépenses supplémentaires auxquelles s’ajoute une hausse du temps de travail, de l’ordre de 20 % par agneau vendu. En revanche, avec un sevrage de l’agneau à 70 jours et une ration composée d’une légumineuse pure associée à une céréale, l’économie tourne autour de 9 euros par animal.

Un atout écologique dans l'assiette

Dans un deuxième temps, l’étude Ecolagno avait pour but de déterminer si cette conduite agroécologique a un impact sur les qualités gustatives de la viande. « On avait assez peu de données là-dessus », explique Laurence Sagot. Finalement, il s’avère que les différentes conduites, à l’herbe ou en bergerie, ne présentent que très peu de différences. « La seule notable est la proportion d’omega 3, qui est 2 à 3 fois supérieure pour la conduite à l’herbe mais à l’inverse, la viande des agneaux finis en bergerie est plus riche en sélénium ». Ainsi, sur le plan nutritionnel, la viande d’agneau s’avère être riche en protéines de bonne qualité, une source intéressante de vitamines B12 et de minéraux essentiels (fer, zinc, sélénium) et présente peu de gras dans le muscle.

Plus de détails sur les qualités gustatives de l'agneau


Des tests gustatifs ont également été menés auprès de 582 consommateurs et une trentaine de bouchers artisans et de GMS. 279 agneaux, dont 144 issus des essais, ont été comparés. Il est ressorti que par rapport au prix de base d’un agneau standard français, les Français étaient prêts à payer 14 % plus cher du fait de son caractère agroécologique. Toutefois, les agneaux vendus sous signe officiel de qualité conservent toujours leur préférence. « Pour mettre en valeur ces résultats gustatifs et nutritionnels, des supports de communication vont être distribués aux OP. Des vidéos sont également en cours de création, ainsi que des podcasts pour en faire la promotion », précise Isabelle Legrand, responsable du projet à l’Institut de l’élevage.
 

(*) L’Institut de l’élevage, l’Agneau fermier des pays d’Oc, l’association Cesar, le GIE ovin du Centre Ouest, le GIE ovins du Limousin, l’Inra UMRH de Theix, le Ciirpo et l’EPLEFPA de Carmejane.

 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Plainte contre l'association Nous voulons des coquelicots : « Quand on refuse de se défendre, on va vers une forme d’esclavage »
Il y a quelques jours, Jean-René Gouron a déposé plainte contre « Nous voulons des coquelicots ». L’agriculteur retraité de la…
Thomas Gaillard, président JA 79
Un RIP contre l’élevage

Nos parlementaires sont-ils tombés sur la tête ?
À ce jour, un Référendum d’Initiative Partagé (RIP) pour les animaux…

Les glaces, une diversification rafraichissante et 100% locale
Depuis 15 ans, les 115 vaches du troupeau de la Roche laitière, à Brûlain, sont à l’origine d’une gamme de glaces vendues dans…
Dégradation du matériel agricole : «c’est écœurant»
Dans la nuit du 12 au 13 septembre, un ou plusieurs individus ont volé un télescopique et l’ont ensuite utilisé pour dégrader une…
Inondations à Niort, hiver 2020
« Le problème de l’eau n’est pas un problème agricole »
Pour que la végétation se développe, il faut de l’eau. Au lendemain d’un hiver pluvieux, un habitant des Deux-Sèvres, formé à la…
Thomas Gaillard, entre appel au calme et au combat collectif
Revendiquant un brin de naïveté politique et un côté utopiste, le président des JA élu cette année affirme toutefois avoir…
Publicité