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Un dossier lait de huit pages

Alain Noirtault, président de la section lait de vache de la Fnsea79.
Alain Noirtault, président de la section lait de vache de la Fnsea79.
© G. R.

Le droit de revendiquer un prix moyen du lait de 375€/t

Quelles sont vos prévisions pour l’année laitière 2014 ?
Au vu des indicateurs de marché de ce début d’année, la demande mondiale est toujours très soutenue. La production retrouve son souffle dans les régions les plus dynamiques et réactives. Sauf revirement de situation brutal, les producteurs peuvent légitimement revendiquer un prix moyen de 375€/t. Ce, d’autant plus que nos voisins européens ont pris une avance importante en fin d’année 2013 et en ce début d’année.

Le prix payé au producteur dans la région reflète-t-il cette situation ?
Au regard du prix pratiqué au 1er trimestre et des annonces écrites de certains opérateurs aux producteurs, prudentes mais qui ont le mérite de donner un peu de lisibilité, les tendances exprimées doivent permettre d’atteindre ce niveau. Aller au-delà ne serait pas un luxe étant donné l’état des trésoreries en général et le niveau des charges qui est toujours très élevé. Pour rappel, les données du Rica/UTA (résultat courant avant impôt permettant de rémunérer le travail et les charges sociales) pour les élevages laitiers spécialisés du bassin Charentes-Poitou s’élevaient à 22 300 euros en 2012.  Au niveau de plusieurs entreprises, et de façon parfois explicite pour une fois, un prélèvement à été opéré en début de trimestre par rapport aux prix d’affiche ou de valorisation des marchés afin d’être répercuté durant l’été. Ceci devant porter le prix du lait au-delà des 400€ si nos transformateurs les plus dynamiques de la filière impriment leur volonté de coller au marché, tant à l’export que sur le marché intérieur. Les éléments collectés de ce début d’année permettent cependant de préfigurer de fortes disparités inquiétantes en termes de paiement pour 2014. Les 3 premiers opérateurs de l’observatoire pour les quatre premiers mois de l’année semblent s’inscrire dans cette capacité à ne pas accuser trop de retard par rapport à nos voisins européens. En revanche, je suis très inquiet s’agissant des 2 coopératives que sont CLS et Pamplie.

Pourquoi ?
Je suis inquiet quant à la capacité de ces coopératives à rattraper leur retard. Elles devraient payer 385€/t sur les huit derniers mois si elles veulent s’inscrire dans un objectif de 375€ annuel. S’agit-il d’un manque de lecture des marchés et des prix pratiqués dans l’environnement par Pamplie, à la vue des prix lissés sur les trois premiers mois ? J’invite les producteurs et les dirigeants à se saisir des raisons de ce décrochage. S’agissant de CLS, cela fait trois ans qu’il décroche d’environ 20€/1000 l. Pour les producteurs l’addition est encore plus salée car ceux-ci sont tenus de respecter une charte leur imposant notamment une alimentation 100% sans OGM. Face à cette situation, je me dois d’être clair vis-à-vis des producteurs qui m’interpellent. J’ai bien entendu la volonté de l’entreprise de renouer avec la performance, de payer au niveau des indicateurs en 2014, mais pour le moment force est de constater que les producteurs ne voient rien venir. J’invite les producteurs et les dirigeants à débattre de façon claire et sereine de cette situation mais aussi de l’avenir de CLS. Des décisions vont devoir être prises rapidement.

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