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Lait
Un prix moyen du lait en 2010 entre 290 et 300 euros au Glac

Sur le front laitier, le dernier semestre s’annonce mouvementé. Alain Lebret, explique la politique de prix du groupe coopératif qu’il préside.

Alain Lebret, président du Glac.
Alain Lebret, président du Glac.
© DR

Le Glac est-il en mesure d’assurer un prix rémunérateur aux producteurs ?

En Poitou-Charentes, il n’y pas d’accord de prix comme il y en a Bretagne/Pays de Loire, donc les entreprises fixent le prix en fonction de leur propre grille de désaisonnement et de leur capacité financière. En conséquence, par rapport à un même prix annuel moyen, Bretagne/Pays de Loire paye plus cher de juin à septembre, et le Glac paye plus cher de novembre à février. En février 2010 par exemple, on payait 20 euros de plus par tonne que le reste de la France, (NDLR : environ 300 euros contre 280). Mais il faut qu’on ait un débat avec nos producteurs dans le courant du mois d’octobre, pour savoir s’ils souhaitent qu’on continue sur cette base ou si l’on accentue davantage le prix sur les mois d’été. L’avantage de notre système est qu’on a un prix plus constant sur l’année, l’inconvénient c’est qu’il faut gérer un écart important durant l’été.

 

Combien va payer le Glac sur ce dernier trimestre ?

Avant l’accord national, on avait fixé un prix à 310 euros sur les six derniers mois. Ce prix sera relevé à 315 euros pour août et septembre, puis on ajustera sur la fin de l’année en fonction de la conjoncture. Ce qui nous intéresse, c’est le prix moyen annuel qui devrait être entre 290 et 300 euros et j’espère qu’on sera dans le haut de cette fourchette.

 

La grande distribution affirme qu'elle n'a pas augmenté ses marges, les industriels et organismes coopératifs nous assurent de leur vertu et le revenu des producteurs reste en berne ? Alors, où est le problème ?

Je vais prendre un exemple : la brique de lait demi-écrémé UHT livrée en distribution était vendue 49 centimes en janvier 2009 contre 38 centimes en janvier 2010. Dans quel magasin avez-vous vu le prix du litre de lait UHT baisser de 10 centimes? 3 à 4 centimes dans certains magasins, d’accord. Depuis le début de l’année, nous nous battons pour relever ces prix et nous allons arriver à une situation équivalente à celle de janvier 2009. Ces 10 centimes qu’on avait perdus, compte tenu de l’offensive des Allemands, c’est du déficit pour l’entreprise et 10 centimes de moins pour les producteurs. La différence avec les industriels privés est que nous n’avons pas la possibilité de rattrapage à l’étranger. Sur 2009 et début 2010, aucune entreprise du lait en France n’a pu gagner de l’argent.

 

Les stocks de lait de chèvre sont trop importants. On demande aux éleveurs de serrer le robinet du jour au lendemain. Comment faire ?

Certes ce n’est pas simple, mais je ne connais aucune filière qui pourrait avaler deux ans de hausse consécutive à 10 % sur des marchés qui peinent, compte tenu de la crise économique. On ne pourra absorber une troisième année de hausse. Je commence à observer une dégradation des stocks et on verra sur le troisième trimestre ce que l’on fera. Mais il faut que les producteurs soient raisonnables sans pour autant casser la mécanique car il faudra aussi du lait demain.

 

Quelles conséquences sociales doit-on craindre après la fusion Glac-Eurial ? Les laiteries de Lezay et Chadenac sont sur la sellette ?

La restructuration industrielle que l’on fait dans les fromageries du Glac est indépendante du projet de fusion où l’on essaye d’imaginer une entreprise nouvelle. On l’aurait faite de toute façon. En effet, nous sommes amenés à fermer deux fromageries, avant la fin de l’année pour Lezay et en 2011 pour Chadenac, de façon à concentrer les fabrications sur Saint-Saviol et Bougon qui peuvent absorber la production. Il n’y aura plus que deux fromageries de pâtes molles. On étudie actuellement toutes les possibilités de reclassement en interne et en externe. Je peux garantir que ça se fera avec très peu de casse sociale, c’est pour cela qu’on met du temps. Le plan de sauvegarde à l’emploi devrait être mis en place courant octobre et au final il y aura peu de licenciements secs. 

 

Pourquoi Lezay et Chadenac ?

Ce qui a primé, ce sont les choix industriels et voir quels sont les sites les mieux équipés et à même de répondre aux exigences. Nous avons l’obligation d’être compétitifs pour les éleveurs, et aujourd’hui en Poitou-Charentes il y a encore trop d’usines.

 


20 millions d’euros pour une « filière lait équitable »

Le conseil régional Poitou-Charentes a décidé de débloquer 20 millions d’euros en faveur d’un fonds de soutien à l’agriculture et aux filières agricoles. Il devrait notamment permettre de mettre en place la « filière lait équitable », évoquée par les élus. La reprise de la laiterie de Lezay fait partie de ce plan, pour développer la restauration hors domicile.

Deux millions d’euros seront affectés à une aide d’urgence « aux femmes et familles d’éleveurs » (jusqu’à 1 000 euros). Une action qui se fera avec la MSA. Mais rien de concret concernant l’office du lait avancé par Ségolène Royal. 


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