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Salon
Un salon de l’agriculture régionale entièrement digital

En raison de l’impossibilité d’organiser une version physique, les organisateurs du salon de l’agriculture Nouvelle-Aquitaine (Sana) ont mis en place, du 18 au 20 mai, des conférences, reportages et dix grands débats interactifs sur une plateforme numérique.

Quatre débats à destination des professionnels et six pour le grand public ont eu lieu pendant trois jours dans un format inédit.
© Sylvain Desgroppes

Pendant un certain temps, les organisateurs du salon de l’agriculture Nouvelle-Aquitaine ont cru pouvoir organiser l’événement à Bordeaux mais devant les mesures annoncées, ils se sont vite tournés vers une version dématérialisée, ne se résignant pas à abandonner ce rendez-vous. Cette nouvelle édition a donc été l’occasion de lancer une nouvelle dynamique. De ce fait, les choix des thèmes débattus ne sont pas anodins. Ils sont destinés à répondre du mieux possible aux questionnements de la société sur l’agriculture d’aujourd’hui et ses évolutions.

« Depuis cinquante ans, l’agriculture a fortement évolué pour alimenter la population mondiale. Il a fallu produire de plus en plus et à un prix de plus en plus faible, commence Luc Servant, président de la chambre d’agriculture de Charente-Maritime, lors du débat Biodiversité, qualité de l’air et de l’eau : l’agriculture s’engage dans la transition écologique » . À cela s’est rajoutée la prise en compte de l’environnement. On attend aussi de voir quelles sont les attentes exactes ».

« En 1945, on était deux milliards. Aujourd’hui, on arrive à huit milliards d’humains, mais on ne peut plus tellement augmenter les surfaces agricoles. Il faut en effet produire sans détruire les écosystèmes qui nous entourent comme les forêts ou les zones humides, tout en défendant les espaces agricoles existants », abonde Gilles Boeuf, biologiste. La profession doit jouer les équilibristes, et pour cela trouver un autre modèle.

Un impact positif à mettre en avant

Un modèle plus vertueux mais qui reste productif. « Il faut une agriculture diversifiée pour maintenir une biodiversité riche », appelle Michel Métais, ancien directeur de la Ligue pour la protection des oiseaux. « Il y a autant d’agricultures que d’agriculteurs, les modèles sont multiples, à chacun de se réapproprier les solutions techniques qui existent, comme la rotation des cultures, le couvert végétal… », ajoute Luc Servant.

Des pratiques qui ne sont pas incompatibles avec l’environnement, bien au contraire. « Entre 1960 et 1990, les zones humides ont été réduites de moitié en raison du drainage. C’est le monde agricole qui a poussé pour de nouvelles politiques publiques et des réglementations, et les élevages ont permis un entretien de ces zones humides », explique par exemple Michel Métais. De quoi prouver le possible rôle positif sur la biodiversité, en particulier sur le territoire de la Nouvelle-Aquitaine, dont la multiplicité des sols et des climats offre un vaste potentiel de production. Cela permet d’accroître le nombre de cultures possibles, sans oublier certains impondérables. « La conservation de toute la diversité des races et des variétés et la saisonnalité des produits alimentaires sont d’une importance capitale » met en avant Gilles Boeuf.

C’est aussi au fameux bon sens paysan que le biologiste fait référence, un bon sens paysan qui est aujourd’hui devenu celui de l’homme. Il ne faut envisager l’agriculture que dans son environnement vivant, en comptant sur la biologie du sol, la qualité de l’eau… « L’agriculture locale, de terroir, a un impact positif sur les ressources naturelles environnantes, sur l’entretien des paysages de nos territoires », conclut Michel Métais.

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