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FOP
Une stratégie de filière ambitieuse pour les oléoprotéagineux

Le 29 janvier à Tours pour le Centre-Ouest, la FOP est venue expliquer les actions mises en place par la filière oléoprotéagineuse et présenter ses principaux projets.

Le soja est désormais éligible à l'aide des 2% recouplés.
Le soja est désormais éligible à l'aide des 2% recouplés.
© L'Agriculteur Charentais

De l’intervention des ingénieurs du Cetiom sur les nouveaux problèmes techniques relevés en culture dans la grande région comme la lutte contre le charançon, à l’explication de l’évolution de la holding autour de Sofiprotéol, la matinée a été riche ce 29 janvier pour les 90 producteurs d’oléagineux, à Chambray-lès-Tours (37).
La particularité de la FOP, c’est sa démarche de filière instaurée il y a trente ans. A l’origine Sofiprotéol avait un établissement financier adossé aux interprofessions oléagineuses et protéagineuses.  Aujourd’hui c’est aussi un groupe industriel important. Avec des participations dans les industries de la filière, de l’aliment du bétail (qui utilise les tourteaux), à l’huile alimentaire (Lesieur) en passant par la production de biodiesel. C’est une réussite du système agricole français. Dans sa dimension actuelle et avec les nouvelles règles bancaires, la structure devait être revue. Jean-Philippe Puig, PDG de Sofiprotéol et Gérard Tubery, président de la FOP, ont expliqué les raisons du changement de gouvernance avec la séparation de Sofiprotéol banque de développement et de Sofiprotéol industrie. Le tout est contrôlé par des agriculteurs via une SAS. Sofiprotéol fait régulièrement l’objet d’attaques caricaturales d’opposants idéologiques à toute agriculture tournée vers la production. Mais que préfèrent-ils ? Une commercialisation sous les fourches caudines de grandes multinationales comme Cargill qui ont, avant tout, comme objectif la distribution de dividendes aux actionnaires ou une organisation interprofessionnelle qui collecte des fonds propres et qui fait remonter les dividendes dans la filière pour les réinvestir ? Pour la FOP la réponse est simple. « Le schéma de gouvernance revu nous permet, pour les trente ans à venir, de poursuivre notre politique de réinvestissement», explique Gérard Tubéry.  « Notre objectif est de promouvoir l’intérêt des producteurs en valorisant leurs productions et en confortant leur revenu. » L’outil de recherche pour les techniques de productions, indépendant des fournisseurs comme l’est le Cetiom, fonctionne dans cet esprit. 
Pour la FOP, la filière est également « gagnante » pour les éleveurs, non seulement par les investissements dans les abattoirs mais aussi en réduisant le coût des aliments. Le remplacement du tourteau de soja par des tourteaux de tournesol et de colza ferait, par exemple, gagner 1750 €/an pour un élevage de 50 vaches laitières.

FOP et future PAC
Par ses réunions locales, la FOP entend ainsi rendre compte, auprès des agriculteurs producteurs ou utilisateurs d’oléoprotéagineux, de ses activités ainsi que de celles conduites par toute la filière. C’est auprès d’eux qu’elle souhaite expliquer ses actions et définir sa stratégie. Cela est d’autant plus nécessaire que ce sont les producteurs d’oléoprotéagineux qui ont été à l'origine de la création de Sofiprotéol, un groupe agro-industriel dynamique qui fête ses trente ans cette année. Côté syndical, son président a rappelé l’action de la FOP pour défendre les producteurs. « Nous avons obtenu que le soja soit désormais éligible à l'aide des 2% recouplés. Une annonce qui va dans le sens du combat que nous portons depuis de très nombreuses années. Ensuite nous avons obtenu que, dans le cadre des SIE par exemple, on puisse pouvoir cultiver des légumineuses », expliquait François Chauveau, administrateur des Deux-Sèvres et membre du bureau de la FOP.
L’impact de la réforme va être lourd dans les exploitations productrices d’oléagineux, tout particulièrement dans les zones intermédiaires où le potentiel de production, plus faible, a obligé à l’agrandissement. La FOP demande qu’une MAE soit mise en place pour ce type d’exploitation dans la prochaine programmation de la PAC post 2013.
Une autre alerte de la FOP concerne la recherche et notamment les modalités de son financement. « Là encore, cette question nous engage collectivement surtout depuis que le dossier des protéines végétales a été érigé au rang de priorité nationale. Il importe donc de le relever en synergies avec tous les acteurs publics et privés. C'est en redonnant de la compétitivité à nos productions que l'on en redonnera aussi à toute notre agriculture », poursuit François Chauveau.

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