Agri79 Informations 22 décembre 2010 à 15h13 | Par Jean-Louis Moynier

Céréales - Les conséquences du froid et des excès d’eau sur les céréales

Alors que le début du mois de novembre était particulièrement doux, le froid s’est installé sur la région à partir du 22-23 novembre. Arvalis fait le point sur les conséquences pour les céréales liées au froid mais aussi aux excès d’eau.

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Le blé dur est l’une des céréales les plus sensibles au gel, avec des différences toutefois entre variétés.
Le blé dur est l’une des céréales les plus sensibles au gel, avec des différences toutefois entre variétés. - © Réussir

Les premières gelées de fin novembre ont été assez modérées, puis sont devenues progressivement plus intenses. Au cours des premiers jours de décembre, les minima ont couramment atteint – 6°C et localement – 10 à – 11°C. Après un bref redoux, les températures ont de nouveau chuté sans toutefois atteindre des intensités de gel aussi sévères que lors de l’épisode précédent. Dans la plupart des cas, les céréales semées avant le 25 octobre avaient dépassé le stade 3 feuilles-début tallage. Les semis plus tardifs avaient atteint le stade 2-3 feuilles. A notre connaissance aucune parcelle n’était en cours de levée.

En revanche, durant le bref radoucissement du 5 au 7 décembre, les pluies abondantes ont saturé les sols. Les parcelles sensibles aux excès d’eau étaient gorgées en surface au retour des gelées.

 

Avoine, blé dur et orge de printemps plus sensibles

La sensibilité au froid des céréales varie selon leur stade et selon l’espèce. Le stade coléoptile (avant la levée) est particulièrement sensible dès que les températures deviennent inférieures à - 6°C sous abri (- 8 à - 10°C au champ).

Au fur et à mesure que la plante émet des feuilles, elle devient de moins en moins sensible au froid, en particulier chez les espèces et variétés capables de s’endurcir. Au stade 2-3 feuilles du blé tendre, les dégâts foliaires apparaissent sur les feuilles les plus âgées suite à des températures inférieures à – 12°C sous abri, mais sont généralement sans conséquence sur le développement ultérieur. Seul un gel très sévère peut détruire le bourgeon végétatif à cette époque.

Durant le tallage, les variétés de blé tendre en cours de vernalisation s’endurcissent lorsque la température devient négative, pour être plus tolérantes au froid. C’est le cas pour cette campagne avec une diminution progressive des températures en dessous de 0°C. La plupart des variétés cultivées dans la région ont des notes de tolérance au froid supérieures ou égales à 4, leur procurant une tolérance à des températures très basses, inférieures à -12°C.

Le blé tendre d’hiver et le triticale font partie des espèces les moins sensibles au gel. L’avoine, le blé dur et les orges de printemps sont les céréales les plus sensibles, avec des différences toutefois entre variétés. L’orge d’hiver est en position intermédiaire.

Les seuils cités précédemment peuvent varier légèrement en fonction des conditions d’arrivée du froid. La diminution progressive des températures rencontrée dernièrement  limite les risques de dégâts directs du gel. On peut penser que les plantes pourront résister à des températures équivalentes aux seuils cités précédemment. Les dégâts à craindre sont surtout liés à la combinaison du gel et de l’excès d’eau.

 

Les risques pour les céréales de la région

Les dégâts directs du froid dans les parcelles correctement ressuyées : les parcelles ayant dépassé le stade 2-3 feuilles (semis avant le 15 novembre) présentent a priori peu de risque de dégâts de gel, bien que l’on s’approche de la limite de sensibilité des espèces comme le blé dur et l’avoine dans les secteurs où les gelées ont été les plus sévères (est de la Charente). Pour ces deux espèces, les parcelles à surveiller seront celles implantées dans les secteurs qui ont enregistré des températures sensiblement inférieures à -8°C en absence de couverture neigeuse. Ces situations devraient être peu nombreuses.

Les dégâts liés à la combinaison froid et excès d’eau dans les parcelles mal ressuyées ou saturées : dans ces situations, les dégâts à craindre sont surtout dus aux effets mécaniques du froid sur l’eau libre qui se dilate en gelant et peut provoquer des ruptures ou la destruction des organes les plus fragiles. Deux types de situations sont concernés :

- les semis réalisés fin octobre qui étaient au stade 1-2 feuilles. Dans les sols humides ou dans les zones d’excès d’eau, on pourrait observer des dégâts de gel mécanique (rupture du coléoptile qui entraîne la mort de la jeune plante). Ces situations sont a priori peu fréquentes ;

- pour les semis plus précoces, les plantes sont normalement bien enracinées, le risque de dégât mécanique est plus limité. Il est en revanche probable que l’on assiste à des déchaussements de plantes à la fin des épisodes pluvieux du moment.

 


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