Agri79 Informations 27 juin 2019 à 14h00 | Par M.R.

L’investissement s’accélère pour imiter la viande

Les investissements s’accélèrent partout dans le monde à destination des start-up qui proposent d’imiter la viande, en particulier aux États-Unis, où ils ont atteint 678 millions de dollars sur l’année 2018, soit un doublement depuis trois ans.

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L’aspect des steaks végétaux est de plus en plus proche de ceux à base de viande, ce qui séduit de plus en plus de consommateurs qui ne sont pas forcément végétariens.
L’aspect des steaks végétaux est de plus en plus proche de ceux à base de viande, ce qui séduit de plus en plus de consommateurs qui ne sont pas forcément végétariens. - © OBSERVATOIRE DES ALIMENTS

C’est la première fois que paraît un rapport mondial sur l’état d’avancement des start-up proposant des substituts aux produits animaux (viande, laits, oeufs…). Il vient de paraître le 17 mai, publié par l’ONG américaine Good Food Institute (GFI), qui milite pour le développement de ce marché naissant. Dans le cas de la viande, l’ONG divise le marché en deux catégories : la viande in vitro, produite à partir de cellules-souches et dont les vertus écologiques sont contestées, et les imitations végétales plus classiques (à base de soja, de pois…).

Les deux segments connaissent une accélération des investissements depuis cinq ans. Les imitations végétales ont capté 678 millions de dollars aux États-Unis, contre environ 300 millions de dollars en 2015. Plus petit, le sous-secteur de la viande in vitro est également dynamique : les montants ont plus que doublé entre 2017 et 2018, atteignant 49 millions de dollars à travers le monde. L’Europe n’est pas en reste dans l’imitation végétale, mais elle est significativement moins active avec seulement 76 millions de dollars.

Peu d’attraits en Europe

« L’Europe est très en retard dans la food science, notamment en termes d’investissements, explique Mathieu Vincent, co-fondateur du cabinet d’études Digitalfoodlab. 80 % des montants investis dans les start-up de la foodtech vont aux nouveaux services de livraison, comme UberEats.

Les États-Unis connaissent en revanche une vraie effervescence, dont les start-up Beyond Meat et Impossible Foods sont les symboles. La première a fait une entrée fracassante à Wall Street, il y a quelques semaines, avec une action s’envolant de 163 %. Le titre de l’entreprise a commencé à s’échanger sur la plateforme du Nasdaq à la mi-séance à 46 dollars, soit presque deux fois plus que le prix fixé la veille au soir (25 dollars). Il est ensuite rapidement monté en flèche pour finir à 65,75 dollars, ce qui lui confère une valeur boursière de 3,8 milliards de dollars.

La seconde start-up est célèbre pour son imitation végétale de l’hémoglobine. Impossible Foods vient d’ailleurs d’étendre son partenariat avec Burger King aux États-Unis, et s’intéresse à l’Europe.

Les progrès de l’approche biomimétique

Pour GFI, la première explication au récent essor de ces imitations végétales est le progrès technologique, qui prend ici deux visages. D’abord l’approche « biomimétique », qui a significativement amélioré l’imitation organoleptique des produits. L’autre approche, complètement opposée, est « la mise en avant des plantes » dans les produits, et non l’imitation du goût de viande, que l’on retrouve déjà fortement dans les rayons français.

Le deuxième moteur de ce marché, selon GFI, est le développement des exigences sociétales des consommateurs, qui a ouvert de nouvelles stratégies aux entreprises. « Plutôt que de confiner leurs produits aux végétariens, les entreprises de viandes végétales ont adressé leurs produits aux flexitariens ».

Pour GFI, la viande végétale peut d’ailleurs suivre la même courbe que le lait végétal, qui atteint aux États-Unis 13 % du marché des laits liquides (7,6 % en France). Selon les données Nielsen, le marché de la viande végétale n’en représente que 1 % aux États-Unis, mais il était en croissance de 26 % sur 2018. En France, l’imitation de la viande est également en croissance de 28 % dans les supermarchés sur l’année 2018 ; déjà 23 % des foyers en consomment (+ 9 points par rapport à 2016)

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