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Chambre d’agriculture
Avec la nouvelle PAC, les élus mettent en garde contre la perte de valeur ajoutée

Le projet de réforme de la PAC comporte encore un certain nombre d’inconnues. Mais d’ores et déjà, l’importance prise par le second pilier soulève des réserves de la part des élus de la chambre d’agriculture.

En euros constants, le budget de la PAC 2014-2020 sera amputé de 15%, dénonce la chambre d’agriculture.
En euros constants, le budget de la PAC 2014-2020 sera amputé de 15%, dénonce la chambre d’agriculture.
© G. R.
La chambre d’agriculture avait au moins deux bonnes raisons d’émettre des réserves sur le projet de réforme de la politique agricole commune qui entrera en vigueur en 2014. Il y a d’abord les incertitudes concernant le financement. Il est quasiment certain que les soutiens seront budgétés en euros courant. Ce qui, compte tenu d’une inflation de 2% par an, préfigure une baisse de 15% en euros constants au terme des sept ans.Le verdissement n’est pas de nature non plus à rassurer le monde agricole. A la généralisation des droits à paiement unique s’ajoute un seuil de 30% des aides qui seront réservées aux agriculteurs qui s’engagent à maintenir des prairies permanentes, à produire au mois trois cultures , à réserver 7% de leur surface à des réservoirs écologiques… Daniel Rouvreau juge ces contraintes « excessives » et Patrice Coutin, président de la Fnsea 79, estime que le seuil de 10% serait suffisant. « Cette tendance nous conduits tout droit vers une diminution de la valeur ajoutée, alors que la production agricole devra augmenter avec l’augmentation de la population. »De la même façon, le président de la chambre d’agriculture, déplore l’impasse sur la gestion des marchés et sur les mécanismes de régulation qui permettraient de mettre les producteurs à l’abri de la volatilité des prix. « Nous sommes dans un schéma de décroissance de l’économie agricole, alors que l’on a des atouts extraordinaires », déplorait le président Daniel Rouvreau.Des élus alertent les pouvoirs publics sur d’autres contraintes, comme le cinquième programme de directive nitrates. « Stop. Assez ! », a dit Patrice Coutin. Ou encore Bruno Lepoivre qui s’élève contre « l’administration et le resserrement des périodes d’épandage, qui vont aller à l’encontre des objectifs recherchés ». Jean-Luc Audé de son côté, suggère de la souplesse dans cette réglementation avec une adaptation des périodes d’épandage à la climatologie. Le dossier aura aussi des conséquences financières. « Il va falloir revoir les capacités de stockages des fosses à lisier alors qu’elles ont été construites dans le cadre des mises aux normes », fait remarquer Daniel Rouvreau.Environnement toujours, avec une levée de boucliers concernant les ressources en eau. Le conseil général via la Caeds s’oppose au développement des retenues de substitution. « Cela nous paraît inadmissible, irresponsable compte tenu des besoins et des orientations nationales. Si le dossier n’avance pas, il sera définitivement perdu, y compris les engagements financiers qui ont été pris sur ce projet ambitieux », estimait le président de la chambre d’agriculture.C’est dans ce contexte que les élus ont eu confirmation des tendances du recensement agricole de 2010 (lire Agri 79 du 25 novembre). 30% des exploitations ont disparu depuis 2000 et le nombre d’exploitants est passé de 8 600 à 6 400. La superficie moyenne des exploitations est passée de 32 hectares en 1988 à 70 hectares. 83% du produit départemental est réalisé par les exploitations dont le produit brut est supérieur à 100 000 euros, mais ces exploitations créent moins de richesse à l’hectare. L’élevage, qui continue sa concentration, reste cependant l’activité principale des deux tiers d’entre elles.Un budget de 8,3 millions d’euros
Le budget 2012 de la chambre d’agriculture s’élèvera à 8,3 millions d’euros avec un déficit de 255 000 euros, contre 7,9 millions en 2011. A l’unanimité moins une abstention, l’impôt (50% du budget) progressera de 1,24%, réparti sur la taxe foncière à raison de 0,70% et de 0,54% pour les frais d’élections de 2013. « La pression fiscale reste très faible en Deux-Sèvres », rappelait Patrice Coutin.Après la crise de 2003, le développement des prestations de services (40% du budget) a permis d’assainir les finances de la chambre d’agriculture qui emploie 93 salariés ETP, « mais cela devient de plus en plus difficile avec les missions confiées à la chambre d’agriculture », soulignait Daniel Rouvreau : Odasea, installation, centre de formation des entreprises…Un investissement de 1,3 million d’euros est prévu pour le nouveau site décentralisé de la chambre d’agriculture à proximité du lycée des Sicaudières, à Bressuire. Le permis de construire devrait être déposé au plus tard fin décembre 2012, pour une fin des travaux prévue en février 2014.
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