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Le relay-cropping, une association en phase d’expérimentation

CULTURES Deux études nationales sont actuellement en cours pour déterminer la pertinence de la technique de relay-cropping, qui consiste à semer la culture d’été dans la culture d’hiver. Les conseillers d’Arvalis ont fait le point.

L’objectif du relay cropping est ici de maximiser les rangs de blé sans sacrifier ceux de soja.
L’objectif du relay cropping est ici de maximiser les rangs de blé sans sacrifier ceux de soja.
© CAROLE MISTRAL

Comment mieux rentabiliser l’interculture tout en répondant aux enjeux environnementaux ? Sur le papier, le relay cropping apparaît séduisant. La technique permet en effet, de réaliser deux cultures en un an, en semant la culture d’été dans la culture d’hiver, comme un soja et une orge d’hiver par exemple. Toutefois, les experts tâtonnent encore sur la pertinence du système et deux essais ont été mis en place en 2017 et 2018 au Magneraud (17) et en 2018 à Lyon (69) pour déterminer la faisabilité de l’opération, l’impact de cette cohabitation sur les rendements et surtout l’intérêt économique pour l’exploitant. Une présentation en a été faite aux techniciens, le 8 novembre, aux Ruralies, par Arvalis-Institut du végétal.

 

Tout d’abord, cette technique nécessite beaucoup d’anticipation, dès le semis de céréales, dans la gestion des cultures. En effet, le céréalier doit ajuster la conduite de sa céréale à celle de la culture relais « en baissant la densité par hectare pour garder l’espace nécessaire au semis de printemps ou en préférant un programme de désherbage d’automne car la rémanence de certains produits utilisés en sortie d’hiver est incompatible avec la prochaine culture », indique Arvalis. L’adaptation doit également se faire au niveau du matériel.

 

 

Une bonne faisabilité technique

Malgré les ajustements à prendre en compte, la faisabilité technique est jugée correcte par les techniciens d’Arvalis, « mais en se basant sur l’étude du Magneraud dont les données ne sont pas vraiment extrapolables en l’état, du fait d’un stress hydrique trop important en 2017 et des dégâts de lapins en 2018 », présente Romain Tscheiller, ingénieur régional chez Arvalis. Il en ressort néanmoins que les charges de mécanisation, de main-d’oeuvre et d’intrants ainsi optimisées représentent une véritable économie, toutefois contrebalancée par une perte de rendement. En extrapolant l’essai 2017-2018 à une exploitation agricole, il aurait fallu 5 q/ha en plus de soja pour égaliser avec une culture dérobée. En orge, la perte était de 15 % environ, avec 57 q/ha pour le relay cropping contre 64 q/ha en conventionnel. En sorgho grain, la récolte est de 46 q/ha en relay-cropping, pour 84 q/ha en sorgho conventionnel. Cette différence est due en partie à la densité de plantes qui était assez faible en relay-cropping. Le sorgho en dérobée, dont la récolte a eu lieu au tout début du mois, du fait d’un pourcentage d’humidité encore à 25 %, a produit 23 q/ha. « Cette première année d’expérimentation suggère que la culture du sorgho dans ces conditions, dans notre région, n’est pas adaptée », constate le technicien.

 

La question de la gestion de l’eau est au coeur de l’avenir de cette technique, prévient le technicien d’Arvalis. « Le relay-cropping est-il possible sans irrigation ? », questionne-t-il. La poursuite des travaux sur la diversification des systèmes de cultures ou de production sont actuellement nécessaires pour amener cette technique dans les exploitations. « Il faut que nous nous fassions une idée plus précise du potentiel à atteindre, des références moyennes avant de préconiser ou non cette innovation ».

 

 

 

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