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Plainte contre l'association Nous voulons des coquelicots : « Quand on refuse de se défendre, on va vers une forme d’esclavage »

Il y a quelques jours, Jean-René Gouron a déposé plainte contre « Nous voulons des coquelicots ». L’agriculteur retraité de la Vienne estime avoir été trompé par l’association avec laquelle il avait effectué une analyse d’urines pour y détecter du glyphosate.

© Elisabeth Hersand

Vous aviez déjà déposé une plainte en octobre 2019 ?

Oui, c’était une plainte contre X pour manipulation contribuant à inquiéter la population et à stigmatiser les utilisateurs de produits phytopharmaceutiques agricoles homologués. Elle a été déposée après la campagne des « pisseurs volontaires » mise en place par l’association « Nous voulons des coquelicots ». J’avais participé à cette campagne en réalisant le test avec l’association, puis un autre avec le CHU de Limoges, ainsi qu’une prise de sang. Les résultats avaient été très différents. J’avais notamment été étonné que ce soit un laboratoire allemand qui a été choisi pour cette analyse. Comme si nos CHU, en France, n’étaient pas compétents.

Pourquoi déposer une nouvelle plainte ?

J’ai lu cet été le rapport émanant de l’association Générations Futures, baptisé « des pesticides perturbateurs endocriniens, cancérigènes mutagènes et reprotoxiques dans l’eau du robinet en France en 2019 ». C’est un rapport écrit par François Veillerette, qui est, avec Fabrice Nicolino, fondateur de « Nous voulons des coquelicots ». L’association ne peut donc pas dire que ce rapport n’est pas sérieux…
Selon celui-ci, parmi les 8 835 prélèvements dans lesquels au moins un résidu de pesticide a été détecté (sur les 25 566 effectués), le glyphosate a été analysé à 81 reprises. Il est indiqué que ce glyphosate n’est ni cancérigène mutagène reprotoxique, ni perturbateur endocrinien.
Avec ce rapport, on voit le caractère complètement infondé des actions de l’association. Elle s’est livrée à une manipulation de l’information sur le glyphosate afin d’affoler la population et la retourner contre les agriculteurs. J’ai donc déposé une plainte le 20 août pour tromperie délibérée et pour escroquerie, au sens de l’article 313-1 du Code pénal.

Pourquoi déposer une plainte ?

Je suis agacé de constater que les gens disent n’importe quoi, sans se poser les questions essentielles. Sur mon exploitation de la Vienne, j’élève des daims, et pendant la période de mue, des passants ont prévenu les autorités que nous traitions mal les animaux, car ils n’ont pas compris que les animaux étaient en train de muer. Nous avons eu un contrôle, qui a permis de montrer qu’il n’y avait pas de souci. Les gens nous ont accusés sans savoir. En tant qu’agriculteur, on est regardé d’un très mauvais œil, surtout après des campagnes comme celle menée par « Nous voulons des coquelicots ». Et je me dis que si je ne le fais pas, peut-être que personne ne le fera. Quand on refuse de se défendre, on va vers une forme d’esclavage moderne. J’aimerais pouvoir expliquer mon point de vue. Et notamment rappeler que dans le paracétamol, ce sont aussi des molécules de synthèses qui permettent de faire baisser la douleur.

Que demandez-vous ?

Je demande que l’association me rembourse le montant que j’ai payé pour l’analyse réalisée avec eux, et me verse un euro symbolique au titre du préjudice moral. J’aimerais aussi que ce type d’agissements soit regardé de près au sein de la cellule Demeter.

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