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Développement
Producteurs et consommateurs s'engagent sur le même chemin

50 en 2004, les Amap sont au nombre de 500 en 2007. Le phénomène de la consommation militante gagne la France. En Deux-Sèvres, producteurs et consommateurs s’y intéressent.

L’Amap « Bons légumes et compagnie », alimentée par Dominique Guilbot à Usseau, compte une vingtaine d’adhérents.
L’Amap « Bons légumes et compagnie », alimentée par Dominique Guilbot à Usseau, compte une vingtaine d’adhérents.
© DR
Depuis le printemps dernier Dominique Guilbot carbure à la confiance. Cette énergie riche, non polluante et renouvelable lui a offert cet été les ressources nécessaires pour honorer les contrats signés avec les 20 membres de l’Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) « Bons légumes et compagnie ». À 50 ans, l’exploitant décroche de l’agriculture de production. « Il était temps », reconnaît-il en toute honnêteté. Passionné par le milieu qu’il exploite depuis trente ans, ces dernières années il passait plus de temps à cultiver ses connaissances en botanique que les céréales sur ses 120 ha.

Recréer du lien
Les cultures raisonnablement confiées à un voisin, l’agriculteur aspire à dégager un revenu de la production, transformation et vente de plantes sauvages. Une idée née au détour d’un champ et qui depuis, fait son chemin. «  Equipé de mon pulvé, je m’évertuais à détruire cinq ou six espèces pour en cultiver une aux débouchés incertains. À la longue, j’ai décidé de changer mon fusil d’épaule ». Loufoque? Pas tant que ça à en croire ses concitoyens. Alors que Dominique convertissait 3 ha de terre au mode biologique, alors qu’il découvrait la culture d’amarantes ou d’orties pour en faire des confitures, quelques habitants d’Usseau se sont intéressés à son travail. Généreux en explications, il a suscité l’intérêt. De fil en aiguille un besoin est né chez les Uxellois. « Ils étaient de plus en plus nombreux à m’inciter à produire des légumes selon cette philosophie ». Informations prises, le céréaliculteur allait devenir cultivateur. Celui qui cultive les plantes et « les relations sociales », insiste-il convaincu que c’est ici que l’agriculture conventionnelle pêche. « Plus que tout, il faut recréer du lien », affirme-t-il invitant l’exploitant en conflit avec une association de Kayakistes à en devenir membre. « Alors, son point de vue d’éleveur victime d’actes de vandalisme exercés sur ses barbelés sera entendu ».

Respect réciproque
Ouvrir les portes de son exploitation, expliquer ses choix culturaux, sont les engagements pris par Dominique Guilbot. Pratiques, revenus, vacances, tous les thèmes sont abordés honnêtement. L’ensemble de ces facteurs influe sur le prix du panier de légumes chaque semaine acheté par les « consomm’acteurs » de l’association. Cette transparence, le producteur en est convaincu, appelle un respect réciproque. Il prend pour exemple le fonctionnement de ce premier été. « J’ai contractualisé avec les membres de l’Amap au mois de juin. Pour certains légumes, il était déjà trop tard, affirme-il très attaché au rythme des saisons. J’ai fait ce que je pouvais pour garnir au mieux les paniers. Je me suis donné pour atteindre cet objectif ». La diversité, reconnaît-il, n’a pas toujours été au rendez-vous. Mais au mois de septembre, lors de la réunion bilan, aucun adhérent ne lui a tenu rigueur de la surabondance de courgettes. « Tous les contrats ont été renouvelés ». La confiance est gagnée.
Porté par les attentes de ses partenaires — « un véritable moteur », témoigne-t-il — Dominique le « cultiv’acteur » confirme son engagement.  L’assolement pour la saison 2008 est en cours de préparation. Les prévisions sont en rapport avec les souhaits exprimés par les 20 familles adhérentes de l’Amap. Les quantités mises en terre tiendront compte du potentiel de développement de l’association. « Une trentaine de consommateurs attendent mon feu vert pour rejoindre le groupe fondateur », dénombre-t-il. Encourageante, cette perspective ne doit pas faire oublier les raisons d’être des Amap. « La qualité des produits, la confiance partagée ». 60 paniers par semaine vendus en moyenne 10 euros l’unité, permettrait de dégager un smic. Un objectif qui posera la question de la main-d’œuvre.
Au-delà du coup de main des consomm’acteurs Dominique caresse l’espoir de créer un emploi.
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