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Travailler les parcelles de maïs en mauvais état pour les semis à venir

Avec l’automne 2019 très pluvieux, les dernières récoltes de maïs ont été difficiles. Résultat, des ornières remplies d’eau peuvent être observées encore aujourd’hui. Arvalis présente les précautions à prendre pour bien préparer les parcelles abîmées avant les semis.

© Arvalis

Avec le retour d’un temps plus sec et après la période douce de ces derniers jours, il pourrait être tentant d’engager les semis de maïs. Mais attention, les températures ont fortement chuté depuis une semaine et les prévisions ne prévoient aucune remontée dans la dizaine de jours prochains : les minima ne dépasseront pas 2 à 6 °C, les maximas 8 à 13 °C. Les moyennes vont donc stagner entre 6 et 9 °C. Or, le maïs a besoin de 80 °C de cumul de températures, sur une base 6 °C, pour lever.

En temps normal, pour des semis de début avril dans notre région, ce besoin est atteint entre 12 et 18 jours. Dans les conditions prévues, les levées seraient prolongées de 8 à 12 jours, exposant les maïs aux ravageurs et maladies du sol, entraînant des hétérogénéités de levées et des défauts de peuplements.
Il est donc prudent d’attendre l’annonce d’une remontée sensible des températures (minimum supérieur à 8-10 °C, maximum supérieur à 16-18 °C) avant d’envisager les semis, d’autant qu’aucun épisode pluvieux significatif risquant d’interrompre les semis n’est envisagé sur la période.

Des parcelles abîmées avant les semis de maïs

Les dernières récoltes de maïs ont parfois été réalisées en situations très humides, dans des conditions plus que limites. Ces parcelles n’ont pu être implantées en céréales d’hiver et devront être reprises pour semer une culture de printemps. Certaines parcelles sont assez compactées du fait de la pluviométrie passée.
Difficultés à rentrer dans les parcelles, orniérage, plantage, les dernières récoltes 2019 ont laissé des stigmates encore visibles. Selon les secteurs, les machines équipées de chenilles et autres caissons n’ont pas apporté de bénéfices dans l’amélioration des conditions de ces récoltes. Les ornières, très profondes, bloquent l’évacuation de l’eau et limitent le ressuyage et le retour dans les parcelles.

Drainer l’eau en surface et travailler en profondeur

Quand une ornière est visible, l’impact sur le sol est certain. Selon que la parcelle a été préparée récemment ou bien en prairie de longue durée, il y a un risque de compactage en profondeur (à partir d’ornière de 8 cm environ sur labour contre 3 cm seulement pour la prairie). On imagine aisément les effets de profondeurs de plus de 30 cm qu’on peut parfois constater.
Lorsqu’il y a la présence d’eau sur la parcelle et dans les ornières, le premier objectif est de permettre à l’eau de traverser les couches de terre tassées pour favoriser le ressuyage. Un passage de décompacteur, sans objectif de préparer le sol, peut aider à drainer les flaques d’eau.

En ce qui concerne les parcelles dénivelées en tout ou partie, le premier travail va consister à niveler en surface pour autoriser le passage des outils de semis. Certaines techniques, en particulier le semis direct nécessitant une surface plane, ne pourront être correctement mises en œuvre dans ces situations.
Une surface défoncée ou fortement ondulée induit inévitablement des lésions en profondeur. En temps normal, le travail profond de type décompactage se raisonne avec l’observation de la profondeur des zones les plus tassées. Dans ce contexte, il devra y avoir systématiquement un travail profond, mais qui ne sera pas capable de restructurer à 100 % les zones compactées.

Décompacter en plusieurs fois

La réalisation d’un décompactage efficace demande de respecter certaines consignes :
- Intervenir sur un sol parfaitement ressuyé pour permettre un éclatement des zones tassées. On passera de l’état massif (aucune motte n’est facilement discernable) à un état fissuré ;
- Descendre suffisamment profond dans les limites permises par l’outil utilisé pour atteindre les exigences de la culture à venir
Afin de corriger les séquelles à long terme causées par ces mauvaises conditions de récolte, il faudra s’y reprendre en plusieurs fois pour récupérer une structure optimale. En dehors des outils, la teneur en argile, les galeries de vers de terre et des anciennes racines vont aussi permettre la restructuration du sol. Mais ces processus sont très lents.

Outils à dents ou charrue

L’outil miracle n’existe pas, une combinaison de solutions devra être mise en œuvre pour corriger l’ensemble des problèmes rencontrés. Pour refaire un état de surface et restructurer en un seul passage, la charrue sera sans doute l’outil le plus polyvalent. Selon les cas, il sera judicieux de labourer en travers des parcelles pour reboucher au maximum les ornières.
Pour ceux qui ne souhaitent pas labourer, les outils à dents avec de grands écartements ont la capacité à reniveler en étalant les buttes et en remettant la terre dans les creux. Les chisels et autres cultivateurs lourds pourront réaliser ce travail dans une moindre mesure également.
Les décompacteurs permettront de reprendre la structure en profondeur dans un second temps. Il sera utile dans certaines parcelles où des machines de récoltes, tracteurs… se sont enlisés, de réaliser du terrassement pour refaire un nivellement de qualité.

Les conséquences sur les cultures à venir

Il est certain que les productions suivantes seront affectées, d’une manière ou d’une autre, par ces défauts de structure, malgré les moyens mis en œuvre pour les résorber. Le travail devra se faire sur plusieurs années. On devra veiller à adapter la conduite de la culture au potentiel diminué, et diagnostiquer tout accident d’origine agronomique pour y remédier par la suite.

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