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Journée des droits de la femme
Portraits d'agricultrices d'ici, bien dans leurs bottes

Elles ont choisi l'élevage caprin, bovin ou les grandes cultures. Une même passion anime Sophie G, Sophie R et Sarah : le contact à la terre et aux animaux.

© SB

Un coup de foudre inattendu, puis de la détermination

Sophie Gallard, éleveuse de chèvres à Villiers-sur-Chizé

SG

« Après un redoublement au lycée, mes parents m’ont envoyée me changer les idées chez une tante qui produisait du fromage de chèvres. Je ne connaissais absolument pas l’agriculture mais tout m’a plu : les animaux, la transformation laitière, le rythme des journées. Je suis rentrée en sachant ce que je voulais faire et malgré quelques préjugés parmi mes proches, je me suis inscrite en BEPA chez moi dans le Cher, puis en bac pro au lycée de Melle. J’y ai appris toutes les bases agricoles et j’ai aussi rencontré mon conjoint avec qui nous avons une ferme de 350 chèvres aujourd’hui. En agriculture, la vie pro et personnelle est très imbriquée, c’est une force mais c’est sport quand on a des enfants. Après, quand ils grandissent, ce n’est que du bonheur de partager notre métier avec eux (Ndrl : Sophie pose sur la photo avec Zoé, sa fille de 13 ans) . Je suis très fière de mon métier, je suis exploitante à part entière. Même si certains techniciens ou commerciaux gardent le réflexe de s’adresser à mon mari en me considérant seulement comme « femme d’agriculteur », c’est bien moi qui suis aux commandes du tracteur quand il le faut ! »

Une miss engagée dans la défense et la promotion du métier

Sophie Renaud, céréalière et EDT à Saint-Pardoult (17), miss Agricole 2021

KB

« L’engagement est une affaire de famille chez nous : mon grand-père était élu au crédit agricole, mon père est président de canton Fnsea17, ma mère a siégé au conseil municipal où je viens d’être élue à mon tour aux dernières municipales. Mon objectif est de faire porter la voix du monde agricole. Dans une petite commune comme la nôtre, c’est important de lui faire garder un lien avec le monde agricole. Par les réseaux sociaux, et depuis que j’ai été élue Miss Agricole sur Facebook, je peux toucher entre 10000 et 20000 personnes. Je publie une à deux fois par semaine des photos sur mes travaux dans les champs. Ça permet aux gens de mettre une image sur ce que l’on fait à chaque saison. Cette élection me permet de présenter une autre image du métier au grand public. J’ai été invitée à la radio : sur France Bleu La Rochelle, mais aussi sur RTL et sur Fun Radio, avec Bruno Guillon… Je développe aussi une marque de vêtements agricoles, ‘‘French Farmers’’, en proposant des modèles plus jeunes, pour certains plus féminins. J’aimerais aussi faire des combinaisons de travail. Tout cela, plus le projet de reprendre l’élevage Charolais de mon père, cela fait des grosses journées. Il faut être plusieurs. Heureusement je peux compter sur mon salarié ». K. B.

Un retour à l’essentiel, un peu difficile mais sans regrets

Sarah Baudron, éleveuse de vaches laitières à Vernoux-en-Gâtine

sb

« Mes parents nous ont poussés, mon frère et moi, à faire autre chose mais nous sommes finalement tous les deux revenus reprendre la ferme familiale ! Après un bac en marketing, je l’ai vécu comme un retour à l’essentiel. Je suis heureuse d’embaucher le matin, pas une journée se ressemble. Quand je dis que je suis agricultrice, cela surprend mais j’aime bien le clamer. Je dirais qu’en tant que femme il faut faire sa place et montrer deux fois plus que l’on est capable, surtout pour le matériel agricole. Ma mère n’était pas du milieu agricole et a fait sa place aussi. Les choses sont toutefois plus faciles aujourd’hui, on peut prendre des vacances et des journées si on a besoin, on peut vivre normalement. Là où je ne pensais pas que c’était si difficile, c’est sur le contexte de crise des prix. On se fait aussi beaucoup taper dessus pour les normes environnementales alors qu’on change pour les respecter au mieux. Nos vaches sont en pâturage depuis 1995… Le conseil d’administration de la laiterie de Pamplie est venu me proposer un siège il y a quelques années, c’est gratifiant et ça me permet d’âtre actrice de mon métier de bout en bout. Si je devais refaire mes choix professionnels, je ne changerais rien, je n’ai aucuns regrets ! »

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