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Réserves de substitution de la Sèvre niortaise
Les agriculteurs s'engagent collectivement à réduire de 50% les produits phytosanitaires à horizon 2025

Deux ans jour pour jour après la signature du protocole d'accord, la commission d'évaluation et de surveillance, en charge du pilotage du projet de réserves de substitution, se réunissait. 80 structures, signataires ou non du protocole, étaient invitées à s'exprimer. La CES mobilise toutes les parties prenantes de l'eau sur le territoire Sèvre niortaise - Mignon. 

Réserves de substitution, Sèvres Niortaise
Les premier coups de pelles du projet de création de 16 réserves de substitution sont attendus pour mars 2021. Les prélèvements dans le milieu l'été seront à terme divisés par trois.
© C.P.

Les présentations ont laissé place aux échanges. « Francs et de qualité », juge Thierry Boudaud, président de la Coop de l’eau. 

Vendredi 18 décembre, la commission d’évaluation et de surveillance (CES) se réunissait pour la troisième fois (10 mai 2019, 2 juin 2020) en deux ans. Exceptionnellement le rendez-vous a pris la forme d’une visioconférence. A l’ordre du jour de cette séance qui selon nos sources a mobilisé au moins 50 des 80 structures invitées : le bilan des actions conduites en 2020 et la présentation du programme d’actions pour 2021. « Chacun a pu s’exprimer sur ce contenu », commente Thierry Boudaud satisfait de ce qui s’est apparenté, selon lui, à une « réunion publique » dont le contenu sera publié sur le site de la Préfecture prochainement. 

Chacun a pu s’exprimer sur ce contenu », commente Thierry Boudaud satisfait de ce qui s’est apparenté, selon lui, à une « réunion publique » dont le contenu sera publié sur le site de la Préfecture prochainement.

Selon le responsable, outre la transparence, l’architecture du protocole d’accord concernant les réserves de substitution de la Sèvre niortaise – Mignon offre la possibilité, en un lieu ou un autre, à tout le monde de s’exprimer. Depuis le 18 décembre 2018, date de la signature du document cadre, des espaces de travail ont été créés pour permettre de transformer les grands principes du protocole d’accord en actions concrètes. Le comité scientifique et technique, le comité local de gestion, la commission annuelle de répartition des eaux ou la commission d’évaluation et de surveillance se réunissent régulièrement. Cette dernière instance, ouverte aux structures qui n’auraient pas signé le protocole, leur offre un regard direct sur ce qui se passe, mais également leur permet d’influencer le projet par leurs interventions. Le contenu de la commission d’évaluation et de surveillance qui fait office de comité de pilotage du contrat territorial est soumis au vote. Les objectifs et actions présentés pour la période à venir sont en l’espèce soumis à l’avis de la majorité. 

Le contenu de la commission d’évaluation et de surveillance qui fait office de comité de pilotage du contrat territorial est soumis au vote. Les objectifs et actions présentés pour la période à venir sont en l’espèce soumis à l’avis de la majorité

Depuis deux ans, le travail conduit dans les différentes instances tend à trouver des compromis sur les indicateurs et les moyens et techniques à développer pour répondre aux principes fondateurs du protocole d’accord rappelés en préambule de celui-ci : vers « le développement d’une agriculture durable, économe de la ressource en eau, garante de la quantité et d’une bonne qualité de l’eau pour l’alimentation humaine et préservant la biodiversité, la qualité de l’eau ainsi que la qualité des paysages ». 

Vendredi, la CES a partagé les objectifs ambitieux de conversion en agriculture biologique (20% minimum des agriculteurs du bassin), de certification en Haute Valeur Environnementale niveau 3 (20% minimum des agriculteurs du bassin), ainsi que les engagements individuels et collectifs pris dans le cadre du protocole, afin d’atteindre 50% de baisse des produits phytosanitaires d’ici à 2025 à l'échelle du territoire. « Un objectif construit sur un constat scientifique », précise Thierry Boudaud. En deçà de 50%, les effets sur la biodiversité ne seraient pas significatifs affirme le comité scientifique dans lequel siègent le CNRS et l’INRA

Les diagnostics d’exploitations dont 55 ont déjà été réalisés sur la première tranche de travaux (Mauzé) vont être poursuivis. Parallèlement, les sessions de formation (3 par exploitant irrigant) ont démarré. Toujours en faveur de la biodiversité aquatique et terrestre, le plan d’actions 2021 prévoit la plantation de nouvelles haies bocagères (30 km au total), précisent la Coop de l’eau et la chambre d’agriculture dans un communiqué de presse commun publié vendredi 18 décembre. Leurs représentants se réjouissent par ailleurs du bouclage financier de la première tranche de travaux qui porte sur six réserves.

Jean-Marc Renaudeau, Président de la Chambre d'agriculture des Deux-Sèvres souligne l'importance d'une gestion publique, mutualisée et concertée de biens communs comme l'eau et la biodiversité. Il se félicite de cette vision partagée, construite avec la quasi-totalité des acteurs du territoire. « Avec ce travail collectif, nous avons construit un véritable levier pour accélérer la transition agroécologique, en développant des filières de qualité diversifiées qui rémunèrent correctement le travail agricole, tout en préservant les ressources naturelles, l'élevage et les paysages. Ces filières, construites autour de l'eau sécurisée avec les opérateurs économiques locaux (ULS, Sèvre-et-Belle, Deleplanque, Océalia, Alicoop, négoce agricole...), permettent de répondre simultanément à trois défis : satisfaire la demande d'alimentation de proximité (maraîchage, pois, lentilles, luzerne...) exprimée par nos concitoyens et leurs élus (PAT...) ; maintenir et créer des emplois locaux non délocalisables ; garantir notre souveraineté alimentaire en réduisant la déforestation importée (soja de pays non OGM) ». 

L’opposition reste mobilisée
Les membres du collectif Bassines non merci poursuivent leurs actions de contestation dénonçant « une opération de Greenwashing de haute volée, et d’une malhonnêteté intellectuelle de haut niveau, le tout validé par un corps préfectoral appliquant les consignes gouvernementales avec zèle ». Ils dénoncent un projet qui accentue les inégalités entre les agriculteurs. Joëlle Lallemand, présidente de l’APIEE, juge que les engagements individuels présentés ne permettront pas d’atteindre l’objectif d’une réduction de 50% des produits phytosanitaires. Elle qualifie « d’arnaque » le fait de mettre la certification HVE3 à égalité avec l’agriculture biologique. « Le HVE n’interdit aucun produit cancérigène, mutagène et reprotoxique. Quant à la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires, rien dans cette certification ne permet de l’attester ». Et de poursuivre : « Comme on se laisse cinq ans pour mesurer les résultats, on est tranquille, d’ici là, les trois tranches de travaux seront achevées et les citoyens n’auront plus aucun moyen de faire respecter les engagements ». 

 

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